Une seule équipe sur le terrain
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Un ex-champion du monde avait le sourire sur le terrain. Mais ce n’était pas Lionel Charbonnier. Entré au jeu en fin de match, celui qui fut sacré avec les U17 français en 2001 a exploité son deuxième ballon pour apporter la touche finale à la prestation virtonaise hier. Prestation qui fut sans doute la plus convaincante de la saison, sur le planoffensif du moins. Car pour ce qui est du registre défensif, on peut difficilement émettre un jugement tant l’après-midi passé par l’arrière garde virtonaise fut tranquille. Dans un stade à 95 % virtonais, Bleid, en effet, n’a jamais été mesure d’inquiéter cet Excelsior-là, au point que l’issue de la partie ne faisait déjà plus aucun doute après une demi-heure à peine.
Lionel Charbonnier avait averti que son équipe ne serait pas prête pour ce derby. Il n’imaginait sans doute pas que ce fût à ce point. Les Rossoneri, vêtus de leurs nouveaux équipements, ont affiché des lacunes tellement criardes hier que, sans renforts dignes de ce nom, on n’imagine pas qu’ils puissent assurer leur maintien à cet échelon. Mis d’entrée sous pression par des Virtonais nettement plus percutants que lors de leurs dernières apparitions et sacrément dominateurs dans les duels, les hommes de Charbonnier ont laissé apparaître des brèches béantes, surtout sur les flancs. Couverture mal assurée, positionnement inefficace, relances imprécises et on en passe : Bleid n’a pu faire que de la figuration dans ce derby à sens unique. À tel point que si l’Excelsior – pour lequel des éléments comme Fostier, Molnar ou Yéyé ont cette fois donné leur pleine mesure – avait continué à appuyer sur l’accélérateur après le repos, il aurait sans doute creusé un écart plus conséquent encore. Charbonnier eut beau s’époumoner au premier acte, abreuvant ses joueurs de conseils tactiques, rien n’y fit. L’ancien gardien d’Auxerre ne quitta d’ailleurs plus son petit banc après la pause, conscient de l’inutilité de ses réajustements. En face, Frank Defays avait toutes les raisons de se réjouir. Son équipe venait (enfin) de réussir la prestation qu’on attendait d’elle depuis longtemps. «Notre mi temps la plus convaincante ? Je pense que le match aller, à Bleid, était du même tonneau, répond-il. J’aurais d’ailleurs préféré qu’on n’en mette que trois aujourd’hui (NDLR : lisez ce dimanche) et qu’on en plante deux ou trois de plus à l’aller (NDLR : 2-2, pour rappel). On ne connaissait pas grand-chose de ce Bleid new-look si ce n’est qu’il est en pleine reconstruction. Partant de là, il nous appartenait de déterminer la physionomie de la partie. Ce que mes joueurs ont réussi en mettant la pression d’emblée. Leur premier quart d’heure a été assez impressionnant. Je rappelle que notre équipe devait, elle
VIRTON : Hurbain ; Blaise, Bojovic, Grevisse, Lazitch ; Dupuis, Raboteur (84’, Maia), Yeye, Fostier (76’, Saintini) ; Molnar, Keita (69’, Emond).
BLEID : Sommer ; Ossete, N’Zita, Thiam, Negi ; Plautz, Brounou, Kirch, Abdelkadous ; Schoumaker, Koudaya (72’, Ousmane Sy).
Arbitre : M.Garcia.
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Le bulletin virtonais
Hurbain 6.Rarement mis a l’ouvrage. Il a ecarte sans trop de peine les deux seuls envois cadres des Panis.
Blaise 7. Tres a l’aise, il s’est permis quelques dribbles et a reussi une passe decisive. Pour le reste, son placement lui aura ete suffisant pour recuperer les balles perdues par l’equipe adverse.
Bojovic 7. Il a joue dans un fauteuil, reussissant quelques gestes techniques audacieux. Auteur d’un but.
Lazitch 6,5. Incisif dans les duels, dans ses jaillissements, il n’a jamais permis a Kirch de s’exprimer.
Grevisse 6,5. On n’a pas vu Brounou. Il n’a quasiment perdu aucun duel et a ameliore ses relances au fil des minutes.
Dupuis 7. Il a aspire un grand nombre de ballons dans l’entrejeu et assure les relais par un jeu simple et limpide.
Raboteur 6,5. Incisif, il a souvent declenche le pressing vers l’avant. Auteur du premier but.
Fostier 7. Transfigure. Des dribbles, des debordements, des centres, de la niaque dans les duels et un pied dans plusieurs actions dangereuses : il a livre une tres bonne premiere periode. A peut-etre voulu trop en faire par la suite.
Yéyé 6,5. Ses courses vers l’avant, ses appels en profondeur ont souvent permis a Virton de hausser le rythme.
Keita 6. S’il a parfois manque de subtilite dans ses gestes, il a beaucoup pese et ennuye la defense adverse par son pressing.
Molnar 7. Tres incisif au premier acte. Ses appels en profondeur ont souvent destabilise l’arriere-garde adverse. Et il enfin retrouve le chemin des filets.
D. J
Le bulletin de Bleid
Sommer 5,5. Il a reussi deux beaux arrets en debut de match, puis n’a pu eviter l’avalanche.
N’Zita 5. Le seul element de l’arrieregarde qui a reussi a surnager quelque peu.
Ossete 4. Accusant une surcharge ponderale manifeste, il a tire la langue durant la majorite de la partie, au point de ne pouvoir imposer son impressionnant gabarit dans les duels.
Thiam 3,5. Seul renfort aligne, souvent hors de position, il s’est fait depasser plusieurs fois sur son flanc.
Negi 3. Aligne comme arriere gauche, l’ancien Virtonais a souffert comme jamais. Incapable de s’opposer aux appels dans son dos.
Plautz 5,5. Quasiment le seul joueur de champ qui a fait bonne figure et joue avec clairvoyance. Une perte de balle grossiere toutefois, sur le second but.
Brounou 3. Perdu sur le cote gauche de l’entrejeu, il n’a negocie qu’un minimum de ballons et s’est fait manger par Grevisse dans les duels.
Kirch 3. Souvent contraint de defendre, il a ete etouffe dans chacune de ses reconversions offensives.Ni ses dribbles ni ses passes n’ont abouti.
Abdelkadous 4. Aligne comme meneur de jeu, il s’est contente de passes laterales quand il a pu heriter du ballon. Trop peu constant. Schoumaker 5. Il aura beaucoup couru, en pure perte. Son merite aura ete de ne jamais lever le pied dans des conditions tres ingrates, seul en pointe.
Koudaya 3. Regulierement battu dans les duels, maladroit et souvent mal place.
D.J
10/12 en derbys
Philippe Emond, président de Virton, était ravi. «Pas seulement parce qu’on bat Bleid, explique-t-il. Mais aussi parce qu’on entame le second tour sur une bonne dynamique alors que la fin du premier nous avait laissé un goût amer. Montrer notre supériorité dans les derbys me fait plaisir aussi (NDLR : 10 sur 12 dans les matches contre Bertrix et Bleid) et offensivement, une dynamique est en train de se mettre en place. On arrivait à les mettre rapidement en difficulté et cinq buts avec cinq buteurs différents, c’est bon pour la confiance.»
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Charbonnier met déjà la pression
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Non sans humour, Lionel Charbonnier a évoqué les manquements de Bleid tout en révélant son impatience concernant les renforts.
Lionel Charbonnier en bord de touche, c’est tout un spectacle. Une pile électrique, dont les incessants commentaires, relayés par un micro d’ambiance, ont bien fait rire les occupants des business seats. Charbonnier en conférence de presse, ça vaut le détour également. Maniant l’humour aussi aisément qu’il captait les ballons lorsqu’il défendait les filets d’Auxerre ou des Rangers, le champion du monde 98 s’est montré beau perdant et n’a pas hésité à mettre le doigt sur les nombreuses lacunes de son équipe, tout en insistant (très fort) sur la nécessité de concrétiser des transferts. Ses dirigeants n’auront sans doute aucune peine à décrypter le message. Morceaux choisis.

Lionel Charbonnier, lucide, essaie de prendre la situation des panîs avec humour.
– Alors que Frank Defays signalait qu’il avait rarement vu autant de monde en conférence de presse : «Il faudrait donc que Virton joue plus souvent contre Bleid.»
– Tandis qu’on lui proposait une boisson: «Merci, c’est gentil, j’ai déjà assez de mal à avaler la pilule.»
– Concernant le 15e joueur inscrit sur la feuille, Cayan Drfirus : «Vous ne le connaissez pas ?Moi non plus. On est allé à l’église, on a fait le tour des bars et on en a trouvé un. Plus sérieusement, c’est un junior (NDLR : passé par les équipes d’âge de Virton) qui est venu compléter l’équipe.»
– À propos d’Ossete, qui a manifestement des kilos à perdre : «Lui, on l’a trouvé au resto. Sans rire, c’est vrai qu’il a dû poids à perdre. Il a été longtemps blessé. Mais il en a déjà perdu deux!»
– À propos de son équipe : «C’est quasiment une équipe B. Il arrive que des petites équipes réussissent un exploit, comme en coupe de France par exemple.Mais celles-là se composent d’éléments qui jouent depuis longtemps ensemble.»
Un de moins qu’à La Louvière
– Sur le score : «Le dernier match à l’extérieur, on en prend six (NDLR : à La Louvière) ; cette fois, un de moins .Revenez nous voir dans quatre ou cinq semaines.»
– À propos des renforts : «Vous avez vu comme moi où ils sont nécessaires. Il nous manque un attaquant, un joueur dans l’axe central, un gars sur chaque côté et encore un au milieu pour garder la balle. Où sont-ils ? Dans les avions peut-être. Je ne sais pas, j’attends. J’en entends parler, mais je ne vois rien venir. Et le temps presse. Les Tahitiens ? À Paris, paraît- il, mais ce qui m’importe, c’est de les voir à Bleid .Avec eux aujourd’hui, on n’aurait peut-être pris que 4 buts (rires). Sérieusement, je veux bien faire prendre la mayonnaise, mais si je n’ai ni l’huile ni les oeufs, c’est dur. Si on m’a fait venir pour descendre à l’échelon du dessous, on s’est trompé de personne. Mais mes dirigeants sont intelligents, ils ont dû se rendre compte de nos manquements.»
– Évoquant un «déficit technicotactique » de ses joueurs alors que, paradoxalement, la majorité de ceux-ci sont passés par des centres de formation : «Mais quels centres? En France, mais la France ne gagne plus rien depuis longtemps. Depuis 98, on s’est regardé le nombril. J’aimerais bien avoir quelques bons Belges. Et il doit y en avoir quand on voit les résultats de votre équipe nationale. Pour en revenir à ceux qui sont à Bleid, ils ne viennent pas d’Auxerre, Sochaux ou Rennes. Des jeunes de Strasbourg, je n’en ai pas vus qui perçaient ces dernières années. Et nos joueurs, eux, n’ont même pas réussi dans ces centres. Mais ils sont revanchards, ils ont envie de montrer quelque chose et c’est ce qui nous permet de garder espoir.»
«On sait où il faut s’améliorer»
La voix enrouée, le visage grave, Grégory Sellier, président de Bleid, ne s’attendait sans doute pas à une première aussi pénible. «On n’est pas prêt. Techniquement, physiquement, Virton est un cran au-dessus.» Jérôme Certain, chargé de la communication pour le club, ajoute, lui, que «ce match n’a pas été inutile. On sait maintenant où il faut s’améliorer.» Sur le plan des renforts souhaités par Charbonnier, Sellier se veut rassurant : «Les deux Tahitiens ont bien atterri à Paris. Ils seront à Bleid en semaine. Deux autres joueurs s’entraînent déjà avec nous. On peut espérer que ces joueurs-là seront qualifiés pour le 4 février voire le week-end prochain. On discute aussi avec un jeune attaquant passé par la Ligue 1 et la Ligue 2, mais ce n’est pas signé. Pour Kamoun, on ne sait pas.On attend des nouvelles concernant son visa.»
Vestiaires
Consignes Zouhair Brounou (Bleid) : «Sans un seul match dans les jambes, on savai tque ce serait dur contre une équipe du top 3. On a bien travaillé tactiquement à l’entraînement, mais la plupart n’ont pas respecté les consignes.À commencer par moi. Sur le plan de l’endurance, on est bien, mais on n’a pas gagné de duels. À partir de là…»
«Beaucoup couru» David Schoumaker (Bleid) : «Je n’avais pas imaginé un tel scénario. On a beaucoup couru pour rien et on n’est pas au bout de nos peines.Il faut des renforts.»
«Pas de conclusions hâtives» Guy Blaise (Virton) : «On les a pris à la gorge et on a vite marqué.Bleid partait dans l’inconnu et on ne peut pas tirer de conclusions hâtives après ce match.Pour nous, je ne sais pas si c’est un déclic. Le succès à Bertrix avait déjà ramené un certain entrain ; on est dans la continuité. En matière de pressing,GaryRaboteur fait du bien. Il apporte une saine agressivité et en même temps permet à Simon Dupuis de jouer davantage en pare-chocs et de reconstruire avec plus d’aisance.»
Ennui Petar Bojovic (Virton) : «J’avoue que je me suis un peu ennuyé aujourd’hui. Je n’aime pas trop ce genre de match.»
Cohésion Mickaël Negi (Bleid) : «Un sale après-midi.On a mis une tactique en place, mais je pense qu’il est encore trop tôt pour que ça fonctionne. Il y a une volonté de jouer en bloc,mais la cohésion n’est pas suffisante. »
Pourvoyeur attitré Molnar a inscrit son deuxième but dans ce championnat. Pour le premier, à Verviers, il avait déjà bénéficié d’un assist de Blaise.
Premières Raboteur, qui marque en général un but par saison(l’an passé, c’était à Ternat),a donc atteint son objectif. Maïa, lui, a inscrit son premier but en championnat pour Virton. La saison passée, il avait marqué au tour final, contre Geel.
Koné Stéfan L’Hermitte, journaliste de «L‘équipe magazine» a assisté à la partie. L’objet de sa visite, un reportage sur Sofiane Koné, l’ancien Virtonais désormais en prison pour trafic de drogue. «On prépare une série sur les joueurs qui ont connu une trajectoire particulière, comme Tony Vairelles », a-t-il expliqué. L’article devrait paraître fin février (dans notre prochaine édition, vous lirez l’avis de ce journaliste concernant la rencontre).
Pilou et Pitou Deux anciens de l’Excelsior, Jean-Louis Pauls, dit Pilou, et Pierre Klein, surnommé Pitou, ont donné le coup d’envoi.
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