“Déçu de ne pas avoir été en D1 ”
Jerry Prempeh espère bien percer en Suisse
Même si son départ a été vite comblé par les arrivées de Petar Bojovic et Julien Tshiala, Jerry Prempeh a tout de même été une des pierres angulaires de l’effectif de Michel Renquin la saison dernière. On l’a retrouvé du côté de la D3 Suisse à Fribourg.
>Jerry, vous aviez encore un bail d’un an en Gaume, comment êtes vous parti vers la Suisse?
C’est en fait Harlem Gnohéré qui m’a tuyauté. La saison dernière, c’est moi qui l’ai fait venir de Suisse, et cette saison, ça a été le contraire. Son ancien coach au FC Bulles est, en fait, devenu directeur sportif de Fribourg et son adjoint, Jacques Descloux, est devenu le T1. Harlem a d’ailleurs failli me rejoindre mais il a patienté un peu et s’est retrouvé à Charleroi.
>Virton ne voulait pourtant pas vous laisser partir. Sans aller au clash, cela a quand même grincé des dents en coulisses…
Virton ne m’a pas mis de gros bâtons dans les roues. Seulement, le club n’a pas voulu signer le papier pour me libérer, cela aurait pu accélérer l’obtention de ma licence en Suisse. Mais elle est arrivée la veille du premier match officiel, il n’y a donc eu aucun problème.
>On parlait quand même beaucoup de clubs de D1 ou D2belges qui vous suivaient. Qu’en était-il réellement?
Je n’ai rien eu concret. Cela a surpris beaucoup de monde, moi le premier… Alors que certains m’envoyaient déjà à Westerlo en janvier et qu’on disait que la moitié de la D1 me suivait, au final, il s’est avéré qu’on a fait beaucoup de bruit pour rien. J’ai été assez déçu. Si j’avais eu une offre de niveau supérieur, je serais resté en Belgique. Le président Emond me disait d’attendre encore mais à partir d’un certain moment, il fallait faire un choix. En plus, je vais devenir papa en janvier…
>La proposition de contrat en Suisse est-elle si alléchante?
J’ai un boulot, un appartement mis à disposition par le club et au niveau de mon salaire, je gagne au moins deux fois plus qu’à Virton.
>Quel est votre boulot?
En fait, je travaille pour le président du club. Il possède une grosse entreprise dont dépendent plusieurs autres petites boites. De mon côté, je suis magasinier. Je gère un stock de pièce, c’est un boulot assez tranquille. Je suis la plupart du temps assis derrière mon bureau. En plus, je travaille seulement les lundis, mardis et mercredis. Et puis, les horaires sont assez flexibles, il y a toujours moyen de s’arranger si on veut partir plus tôt.
>Et footballistiquement parlant, le niveau de la D3 suisse ça vaut quoi?
C’est assez similaire à celui de la D3 belge. Voire même peut-être un petit peu plus fort. Je ne regrette vraiment pas mon choix. Fribourg vise la montée cette saison et je pense qu’on a le groupe pour le faire.
>Et ça se passe bien pour le moment?
Assez oui. Je suis titulaire et avant notre défaite ce week-end face à Yverdon, qui est un descendant de D2, nous étions troisième. Maintenant, nous sommes redescendus de quatre rangs mais avec seulement trois points de retard sur le deuxième.
>Comment ça se passe pour la montée en D2?
En fait, la Suisse va créer une nouvelle ligue entre la D2 et la D3. Donc, si on ne monte pas, on se retrouvera en D4. Cette nouvelle D3 sera semi-professionnelle, ce qui est très intéressant. Elle sera composée de 16 équipes. Il y aura six descendants de D2, les deux premiers des trois séries de D3 montent ainsi que les quatre meilleures équipes réserves de D1.
>Sur combien de temps court votre contrat?
Une année. Mon but est donc de me faire repérer pour monter dans la hiérarchie. Au pire, j’espère que Fribourg va monter car si on reste pour jouer en D4, cela sera moins intéressant.
>Et la couverture médiatique, elle est comment?
Bien moins bonne. On a juste un petit résumé le lundi. À Fribourg, le sport numéro un, c’est le hockey sur glace. «
STÉPHANE MARCHESANI
Il garde un oeil attentif sur l’Excel
“Je suis tous les matches via les lives sur Internet”
Comme la plupart des joueurs passés en Gaume, Jerry Prempeh a été marqué par sa saison à Virton. “Je garde d’excellents souvenirs ”, précise-t-il. “Je me sentais très bien là-bas, j’ai rencontré beaucoup de personnes formidables. Et puis, que dire du public, il est exceptionnel, c’est un des meilleurs de Division 3. ” Même s’il est à quelque 500 kilomètres de Virton, l’ancien numéro 4 du Faubourg garde toujours un œil attentif sur son ancienne formation. “J’ai gardé des contacts avec Gary (Raboteur), Harlem (Gnohéré)… Je suis venu voir le match amical, contre l’équipe de Thomas(Meunier), Bruges. J’espère d’ailleurs revenir en fin d’année car notre dernier match avant la trêve se situe le 20 novembre et on ne reprend qu’en mars. Par contre, comme nous jouons le samedi à 16h30, je suis toujours de retour chez moi pour suivre les lives des rencontres sur Internet. D’après ce que j’entends, l’équipe est bonne mais manque de réussite. Ca va finir par rentrer. ” «
Le Virton 2010-2011 devait être champion
“Nous n’étions pas assez matures”
Depuis l’entame du championnat, on entend souvent dire que Michel Renquin était beaucoup trop laxiste avec ses joueurs la saison dernière. De son côté, Jerry Prempeh abonde dans ce sens. “Le coach avait sa façon de bosser avec des séances courtes et faibles en intensité ”, précise le défenseur central. “Il aurait dû nous prendre plus en main. Sa vision c’était que le groupe devait s’autogérer mais, nous n’étions pas assez matures pour le faire. Le problème, c’est que les résultats ont suivi directement. Et comme cette méthode marchait, le coach n’avait pas de raison d’en changer, ce n’était pas de sa faute… ” Cela explique donc au moins en partie la forte baisse de régime connue au second tour. “Ce ne devait jamais arriver. Avec un tel groupe, on devait survoler le championnat un peu comme l’Union du Centre le fait cette saison. En début de campagne, nous étions vraiment irrésistibles. Et vu notre avance de douze points sur le White Star en décembre, nous n’aurions même pas dû lutter avec eux pour les lauriers. On devait finir devant avec au moins six points d’avance. ” « S.M.

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